L'émotion était toujours forte hier aux Dervallières, où Toko Botowamungu, 21 ans, a été abattu jeudi soir au cours d'une fusillade. Il a été tué de quatre balles alors qu'il prenait la fuite à pied, au terme d'une course-poursuite en voiture avec un dealer présumé et le frère cadet de celui-ci. Si l'aîné était hier toujours en fuite, Sabri, 26 ans, s'est lui rendu vendredi aux policiers. Il a été mis en examen hier pour « assassinat » et « tentative d'assassinat » sur le passager de Toko.
A l'origine du drame, une banale « prise de tête ». Toko avait en effet reproché un peu plus tôt à Mohammed B., l'aîné de 28 ans, de « vendre de la drogue dans le quartier », selon Xavier Ronsin, procureur de la République de Nantes. Contrairement à ses deux agresseurs, et à ce qui avait été indiqué dans un premier temps, le jeune homme n'avait jamais trempé dans des affaires de stupéfiants. « Toko n'acceptait pas la présence de dealers sur la place des Dervallières », confirmait hier une amie proche. Le jeune homme, décrit comme « très calme » et « aimable », ne supportait pas non plus « qu'on puisse manquer de respect aux personnes âgées ». « Discret », « presque trop gentil », le solide défenseur du FC Rezé n'avait « jamais eu de geste de violence » sur un terrain de football, se souvient Jean-Pierre Boutin, le président du club. Une minute de silence à sa mémoire aura lieu lors du prochain match de championnat.
Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes